
Le GCAP au Forum politique de haut niveau (HLPF) 2026 jeudi 30 juillet 2026
Lettre d’information du 29 juillet 2026
Chers collègues,
Nous venons de rentrer du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF) 2026 qui s’est tenu au siège des Nations unies à New York. Quatorze membres du GCAP ont participé au forum de cette année, où ils ont pu constater de leurs propres yeux les tensions géopolitiques croissantes et les problèmes liés à la coopération multilatérale. L’ONU est au cœur de ces défis.

Esso Pedessi (GCAP Togo) représentant du groupe des jeunes, réagit à la présentation de l’examen national volontaire du gouvernement togolais
L’ONU est confrontée à une grave crise financière. Certains États membres – dont les deux plus importants, les États-Unis et la Chine – n’ont pas versé leurs contributions ou les ont versées trop tard. Jusqu’à récemment, le financement de l’organisation n’était assuré que jusqu’à la fin du mois d’août. La perspective d’une fermeture totale plane comme une épée de Damoclès au-dessus de l’ONU. Une modification des règles financières a permis d’écarter ce risque immédiat. Mais l’avenir reste incertain.

Représentants du GCAP au HLPF – Mauro Pereira (Brésil), Esso Pedessi (Togo), Aminata Barry (Mali), Ingo Ritz (directeur) et Martina Kabisama (Tanzanie) – en conversation avec Mariame Baldé (deuxième en partant de la droite) de la Fondation Heinrich Böll à Washington DC, qui a apporte son soutien à l’organisation des événements parallèles et aux déplacements.
De lourdes coupes budgétaires sont déjà en cours : au début de l’année, 20 % du personnel a été licencié. Dans le cadre du plan de réforme « UN80 », des agences sont en cours de fusion et l’ONUSIDA devrait fermer ses portes d’ici fin 2026. Cela pourrait compromettre les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH.

Réunion de la société civile organisée durant le week-end consacré à l’avenir du multilatéralisme et le programme de développement durable.
Un autre sujet majeur abordé au sein de l’ONU et du Forum politique de haut niveau (HLPF) est la sélection du prochain secrétaire général de l’ONU, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. Bien que plusieurs candidats officiels se soient manifestés, on ignore totalement qui sera nommé. La société civile, y compris le GCAP, réclame la nomination de la toute première femme au poste de secrétaire générale. Cependant, malgré tous les efforts déployés pour rendre le processus de sélection plus transparent et démocratique, nombreux sont ceux qui s’attendent à ce que la décision soit prise à huis clos par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité disposant d’un droit de veto (le P5).

Le secrétaire général sortant, António Guterres, a rencontré les représentants de la société civile pendant deux heures lors d’un événement intitulé « We the Peoples ». Il était intéressant et rafraîchissant d’entendre la clarté de son analyse et de ses propos : il a souligné le rôle du pouvoir – la manière dont certains pays l’utilisent pour servir leurs propres intérêts et ceux des plus riches. Il a évoqué deux menaces existentielles pour l’humanité : le changement climatique et l’intelligence artificielle. Il a mis en avant le rôle de l’industrie des énergies fossiles dans l’aggravation de la crise climatique.

Il était réconfortant de constater que les processus au sein de l’ONU se poursuivent : la présentation des examens nationaux volontaires (VNR) de 36 pays et les déclarations de la société civile coordonnées par les grands groupes et autres parties prenantes. Des membres du GCAP venus du Togo, de Tanzanie et du Brésil ont soit réagi aux présentations de leurs gouvernements, soit pris part à ces présentations.
Le GCAP a participé à sept événements organisés par la société civile – soit en tant qu’organisateur, soit en tant que co-organisateur. Nous avons également profité du HLPF pour discuter des stratégies de la société civile et renforcer nos réseaux – d’autant plus que les politiques restrictives en matière de visas et la diminution des financements destinés à la société civile étaient manifestes.
Le GCAP aux négociations de Bonn sur le climat

En juin, le GCAP a participé à la 64e session des organes subsidiaires de la CCNUCC à Bonn, en Allemagne. Trois membres y ont pris part, dont Salina Sanou, de GCAP Afrique. Elle a rédigé le rapport suivant : « Les promesses de financement non tenues jettent une ombre sur les négociations de Bonn sur le climat-les communautés en première ligne ne peuvent attendre que les négociations s’éternisent ». Ce rapport met en évidence l’impasse des négociations sur le financement de l’adaptation, les appels de plus en plus pressants en faveur d’un financement climatique féministe et d’une transition juste, et présente les priorités de plaidoyer visant à transformer les engagements climatiques en actions concrètes pour les communautés en première ligne.
En toute solidarité,
Ingo Ritz, Directeur
Regardez la vidéo de notre événement parallèle au HLPF : Après le Sommet social mondial : les socles universels de protection sociale (USPF) comme cadre pour un avenir durable