Aujourd’hui, le 17 octobre 2020, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, GCAP exprime sa solidarité avec des centaines de millions de personnes souffrant de la pandémie COVID-19. On estime que 500 millions de personnes supplémentaires sombreront davantage dans la pauvreté á cause des obstructions économiques imposées pour contenir la multiplication du virus. Plusieurs communautés du monde entier sont plongées plus profondément dans la pauvreté, la précarité et les inégalités avec une perte massive des emplois rémunérés et indépendants et des moyens de subsistance, ainsi qu’à un accès extrêmement limité à la nourriture, à l’eau et à l’assainissement, à un logement convenable, à l’éducation, aux services de santé et à d’autres services de besoins de base.

Les femmes et les enfants souffrent des pires effets de la pandémie. Selon le département en charge des Femmes aux Nations Unis, 243 millions de femmes et de filles dans le monde ont été victimes de violences sexuelles et / ou perpétrées par un partenaire intime au cours des 12 derniers mois. Avec la pandémie, les données émergentes montrent que les cas, en particulier la violence domestique, ont augmenté de 30% dans des pays comme la France et Singapour.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, on estime que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté passera de 185,9 à 219,1 millions et que les personnes vivant dans l’extrême pauvreté passeront de 67,5 millions à 90,7 millions. Les inégalités mesurées par le coefficient de Gini ont augmenté de 4,9 points de pourcentage en 2020 par rapport à 2019 dans la région.

Entre-temps, les bénéfices des plus grandes entreprises ont augmenté. Les entreprises GAFA et Microsoft devraient réaliser 46 milliards USD de bénéfices de plus en 2020 qu’avant la pandémie. La plupart des bénéfices sont versés à leurs actionnaires – tandis que les impôts sont évités. La richesse des milliardaires a augmenté de 27% pendant la pandémie.

En septembre dernier, parallèlement à l’Assemblée Générale des Nations Unis, les coalitions nationales de GCAP de 19 pays du monde entier ont organisé des Assemblées des Peuples pour donner aux populations l’occasion d’analyser la situation et de formuler des demandes de solutions. Les organisations de femmes, les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées, les personnes discriminées par le travail et l’ascendance ont souligné qu’en dehors de la pauvreté et des inégalités, la santé, la sécurité alimentaire et la crise de la dette internationale sont les principales préoccupations.

Les gouvernements de plusieurs pays sont incapables de soutenir leur population et font face à la crise en raison du remboursement de la dette. Plus de 300 milliards USD sont dépensés chaque année par les pays du Sud pour les paiements de la dette extérieure publique à des prêteurs bilatéraux et multilatéraux tels que la Banque Mondiale et le FMI, des banques privées, des spéculateurs et des investisseurs en obligations et titres d’État. Le problème de la dette est aggravé par des flux financiers illicites, également en milliards de dollars.

La principale réponse à la crise, pour fournir les liquidités urgentes nécessaires au financement des services publics et à la protection sociale, le seul soutien dont disposent les gens pour se défendre contre le COVID-19, a été la promotion d’une nouvelle vague d’endettement, à des conditions non concessionnelles pour la plupart Pays en voie de développement. Dans ce paysage, pour de nombreux pays en développement, la reprise sera longue et lente. Il est essentiel que les mesures mondiales pour faire face à la crise soient plus ambitieuses et abordent un changement systémique permanent pour une reprise inclusive. Pour ces raisons, GCAP a rejoint un vaste mouvement mondial de la société civile appelant à l’annulation inconditionnelle des dettes publiques extérieures – au moins pour les quatre prochaines années.

La lutte contre la pauvreté, les inégalités et l’injustice est devenue plus difficile. GCAP est né il y a 15 ans, avec feu le président Nelson Mandela qui a lancé le premier appel de la lutte ensemble contre la pauvreté et pour l’égalité.

Nous continuerons de faire entendre la voix des populations, en accordant la priorité aux plus vulnérables et en travaillant à construire ensemble un monde meilleur, juste et durable pour tous.