Nous, les femmes, pour l’égalité, la justice et la paix

#Inspirons l’inclusion

Nous, les femmes d’origines et d’expériences diverses – y compris les femmes dalits, les femmes autochtones, les femmes handicapées, les femmes d’ascendance africaine, les femmes des zones rurales reculées, ainsi que d’autres groupes victimes de discriminations multiples – nous réunissons à l’occasion de la Journée internationale de la femme 2024. Nous incarnons la force, la résilience et la demande inébranlable pour un monde où nos voix sont entendues, nos droits respectés et notre dignité défendue. Aujourd’hui, notre appel collectif résonne dans les couloirs de l’injustice, exigeant des changements sur des fronts cruciaux qui façonnent notre existence.

Mettre fin aux guerres, mettre fin à la violence contre les femmes

Face aux guerres et à la violence, notre perspective est celle de l’angoisse et de la détermination. Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’instrumentalisation de la violence sexuelle à l’encontre des femmes dans les conflits, y compris les tueries. Les viols, les mutilations et les brutalités extrêmes dont sont victimes les femmes sont un affront à notre humanité commune.

Nous condamnons les actes terroristes du 7 octobre 2023 qui ont tué plus d’un millier de femmes, d’hommes et d’enfants en Israël. Ils ne justifient pas pour autant le meurtre de dizaines de milliers de civils à Gaza. Plus de 1,9 million de personnes – 85 % de la population totale de Gaza – ont été déplacées et sont confrontées à une catastrophe humanitaire, dont près d’un million de femmes et de filles, selon les estimations d’ONU Femmes. Nous appelons Israël et le Hamas à mettre immédiatement fin à la guerre. Nous appelons la communauté internationale à arrêter la guerre, à s’opposer aux atrocités et à défendre les droits de l’homme. Nous appelons également à favoriser un environnement dans lequel les femmes, en particulier, ne sont pas des victimes de la guerre mais des championnes de la paix dans cette guerre et dans toutes les autres, y compris en Ukraine, au Soudan et dans l’est du Congo.

Protection sociale pour tous

En l’absence d’une protection sociale adéquate, les femmes se trouvent dans un paysage semé d’embûches. Notre plaidoyer dépasse les limites de la politique ; il appelle à un profond changement de perspective. Nous exigeons un système parfaitement adapté aux luttes spécifiques menées par les femmes dalits, les femmes autochtones, les femmes handicapées, les personnes d’ascendance africaine et celles qui sont confrontées à une discrimination fondée sur le travail et l’ascendance. Un appel retentissant est lancé en faveur de socles de protection sociale universels, englobant notre droit inhérent à vivre sans discrimination. Cela implique d’accorder à chaque fille et à chaque femme, y compris les veuves, quel que soit son milieu, un accès sans entrave à l’éducation, aux soins de santé et à des moyens de subsistance dignes.

Couverture sanitaire universelle et éducation inclusive

La santé n’est pas seulement un état physique, c’est l’essence même de notre bien-être. Nous demandons une couverture sanitaire universelle qui donne la priorité à la santé des femmes et des filles d’un point de vue holistique. Ce point de vue doit tenir compte de la diversité de nos besoins, en reconnaissant les défis auxquels sont confrontées les femmes dalits, les femmes autochtones, les femmes handicapées, les Afro-descendantes, les adolescentes et les veuves. Un système de santé inclusif, réactif et exempt de discrimination est un droit et une étape impérative vers une société juste.

Nous demandons aux gouvernements de s’engager à garantir un accès inclusif et non discriminatoire aux services d’éducation de base. Nous soulignons l’importance de garantir aux filles une période de 12 ans d’éducation sûre, gratuite et de qualité. Nous plaidons pour des investissements dans des formations adaptées aux filles, ainsi que de collaborer avec les éducateurs afin d’éradiquer les stéréotypes liés au genre. Il est essentiel d’encourager l’inclusion dans des domaines tels que les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM), de démanteler les normes de genre qui entravent les progrès des femmes et de créer des environnements favorables.

Vulnérabilités sexospécifiques dans la crise climatique

Dans le contexte du changement climatique, les femmes et les filles sont confrontées à une vulnérabilité accrue en raison de leur représentation majoritaire parmi les pauvres de la planète et de leur dépendance accrue à l’égard des ressources naturelles menacées. Malgré des preuves de plus en plus nombreuses, des réticences persistent quant à l’identification des liens vitaux entre genre, équité sociale et crise climatique. Cela amplifie la vulnérabilité à la violence fondée sur le genre, en imposant aux femmes du monde entier le fardeau de sécuriser les ressources essentielles. Dans notre appel à la justice, nous demandons la reconnaissance de ces complexités, en soulignant l’impératif d’aborder le changement climatique dans une optique sexospécifique.

Renforcer les voix, transformer les réalités

Nous appelons au leadership politique des femmes, à l’équilibre et à l’égalité des sexes dans tous les processus, du niveau local au niveau mondial, et à un changement transformateur qui aille au-delà de la rhétorique et des frontières. En nous unissant, nous envisageons un avenir où les femmes, quelles que soient leur caste, leur classe, leur croyance, leur région, leur religion, leur âge, leur orientation sexuelle et leur niveau d’éducation, s’épanouiront – libérées de la faim, de la pauvreté, de la violence, de la peur et de l’insécurité. Que notre voix collective soit le catalyseur d’un monde qui reconnaisse notre valeur, respecte nos droits et célèbre la force de chaque femme, quelle que soit son origine.

Nous, les femmes aux origines et aux expériences diverses, exigeons un monde où règnent l’égalité, la justice et la paix.

En Toute Solidarité,

Groupe des femmes et des féministes de GCAP,

Appel mondial à l’action contre la pauvreté (GCAP)

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L’Action mondiale contre la pauvreté (GCAP) est un mouvement mondial regroupant des coalitions de la société civile dans 66 pays et comptant 18 400 organisations et groupes communautaires. Le GCAP soutient les personnes dans leur lutte pour la justice et rassemble les personnes et les organisations pour remettre en question les institutions et les processus qui perpétuent la pauvreté et les inégalités à travers le monde, pour défendre et promouvoir les droits de l’homme, la justice de genre, la justice sociale, la justice climatique et la sécurité nécessaire à la dignité et à la paix de chacun.

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