Declaración del GCAP ante la emergencia del Coronavirus

1. Le monde fait face à une urgence mondiale affectant les personnes et les pays sans distinction. En ce moment particulier, GCAP/ l’Appel Mondial à l’action Contre la Pauvreté (GCAP), avec toutes ses coalitions nationales et groupes constitutifs dans le monde entier souhaite partager ses préoccupations et manifester sa solidarité à toutes les personnes et communautés touchées par la pandémie du coronavirus, en vue de lutter contre l’épidémie. Notre devise politique est « Stand Together » (debout tous ensemble) pour lutter pour la justice, contre la pauvreté et les inégalités. Aujourd’hui nous voulons être solidaires avec tous ceux qui souffrent, les familles des victimes et les communautés touchées. Nous tenons également à remercier particulièrement toutes les personnes dans les systèmes de santé et dans les autres services fondamentaux qui luttent contre la propagation de la pandémie , ainsi que les personnes qui aident ceux qui en ont besoin.

2. Le GCAP est actif dans la promotion du développement durable dans le cadre de l’Agenda 2030 des Nations Unies avec une attention particulière sur la lutte et la réduction des inégalités. Notre engagement principal depuis 2016 a été la campagne sur les Visage de l’Inégalités où toutes nos coalitions nationales et groupes de circonscription ont travaillé pour montrer toutes sortes d’inégalités dans leur pays en créant des espaces pour que les gens élèvent les voix et faire du slogan « Ne laissez aucune personne derrière » une réalité réel. Dans cette situation d’urgence, nous sommes conscients des dangers auxquels sont confrontés les plus vulnérables. Les personnes et les groupes qui vivent habituellement dans des situations difficiles sont encore plus vulnérables dans cette situation d’urgence. Nous pensons surtout aux pays du Sud, où les systèmes de santé et les institutions publiques ont des opportunités et des ressources limitées pour faire face aux urgences. Nous avons besoin d’une solidarité orte partout dans le monde au sein des communautés et entre des nations.

Nous demandons aux gouvernements et aux parlements de prendre des initiatives spéciales et efficaces, en donnant la priorité aux plus vulnérables. Dans cette situation d’urgence, les groupes vulnérables comme les réfugiés, les autochtones, les sans-abris, les personnes handicapées, les personnes victimes de discrimination par le travail et la descendance et les personnes âgées doivent bénéficier de la même protection que les autres. Nous exhortons nos coalitions nationales et toutes les organisations de la société civile et les groupes de citoyens qui travaillent souvent sur une base volontaire à aider les personnes en danger en cette période spéciale. Nous exhortons la société civile au niveau local et national à agir et dialoguer avec les gouvernements afin de fournir l’assistance nécessaire aux populations.

3. Cette crise montre que les systèmes de santé publique universels sont fondamentaux pour la vie de tous les pays. Nous appelons les gouvernements à prendre des initiatives radicales pour renforcer les systèmes de santé publique, afin de garantir un accès universel gratuit. La santé est un droit humain fondamental et doit être mise en place de manière réelle, et pas seulement proclamée avec des déclarations vides.Il y a beaucoup plus de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à l’aide publique et ne peuvent pas supporter le coût des soins intensifs en cas de besoin ou pire encore des installations techniques, comme cela se passe encore dans de trop nombreuses régions du monde. Par conséquent, nous demandons des actions immédiates pour le renforcement des systèmes de santé publique et les maintenir actifs après la fin de la crise afin d’aller vers un accès universel à des systèmes de santé publique de haute qualité de manière permanente . Un soutien permanent similaire doit être aménagé et mis en œuvre pour la recherche scientifique publique afin de promouvoir les traitements et les vaccins et de renforcer la capacité des systèmes de santé à réagir à des crises pandémiques similaires.

Cela n’est pas seulement une question de gouvernements au niveau national ça doit ne initiative globale pour gérer les crises de santé publique.

4. Des initiatives rapides et adéquates doivent être prises au-delà de la réponse médicale. Il est nécessaire de réduire la vitesse de l’épidémie et de garantir dés maintenant et à l’avenir un niveau de vie suffisant. De nombreux pays ont opté pour des blocages et des quarantaines, mais nous devons nous rappeler que la grande majorité de la population défavorisée dans le monde (surtout urbaine) vit dans des établissements surpeuplés, ce qui rend impossible d’assurer la distance physique et par conséquent pourrait être la plus sujette aux infections communautaires. Tous les experts et les gouvernements du monde entier devraient considérer ce défi et trouver des solutions qui peuvent fonctionner pour les communautés où les familles vivent à proximité notamment en aménageant de vastes espaces publics pour accueillir les sans-abris avec un logement adéquat avec des installations adaptées.

De plus il est très important de fournir un soutien du revenu pour faciliter pour la gestion de la dette et même l’accès à la nourriture pour les ménages. Le travail intelligent est « intelligent », certes, mais beaucoup d’emplois ne peuvent pas être effectués à domicile : les chauffeurs de taxi, les petits commerçants, les travailleurs du secteur informel paient le coût plus élevé de la crise. Ils perdent leurs moyens de subsistance, ce qui pousse les gens à la misère, à la famine et à l’endettement.

5. Cette urgence montre l’importance de gouvernements fonctionnels et responsables et comment la fourniture de ressources financières publiques doit être rapide, adéquate, efficace et transparente. Nous avons besoin d’initiatives audacieuses pour fournir aux gouvernements des liquidités et des ressources pour le soutien du revenu, en évitant les retours négatifs qui pourraient provenir d’une action non coordonnée. Nous avons besoin d’une initiative spéciale pour réduire le fardeau de la dette extérieure, qui affecte trop de pays, limitant leur possibilité de financer des investissements innovants. Nous avons également besoin d’une surveillance particulière du commerce international afin de rendre possible la fourniture des biens nécessaires dès maintenant mais aussi d’assurer demain un flux de marchandises équitable, lorsque la crise sera terminée.

6. Livraison rapide et arrêt de la corruption. Nous devons prendre des mesures nécessaires pour garantir l’achat rapide de fournitures, d’équipements et d’autres ressources vitales et créer de toute urgence de nouveaux établissements de santé pour répondre en temps opportun à ceux qui en ont besoin. La corruption doit être stoppée dans les processus de passation des marchés en mettant en place des mesures de transparence avant et après l’audit et des rapports publics. Il n’y a aucune excuse pour la corruption même lorsqu’une urgence exige en générale des procédures extraordinaires et rapides.

7. Si nécessaire, les gouvernements devraient prendre en considération la réquisition et la nationalisation des établissements de santé privés afin d’accélérer l’aide à la livraison. De plus, nous avons besoin de normes internationales pour les marchés publics pendant ces crises.

8. Un rôle fondamental doit être joué par les communautés locales et leurs dirigeants, comme les maires. Dans de nombreux pays nous voyons des maires capables d’animer les citoyens et de coordonner les efforts de prévention et de protection.

Déléguer le pouvoir au niveau communautaire est fondamental pour les rendre résilients et pour préserver le rôle des citoyens en tant que membres actifs de leurs communautés, au lieu de les considérer comme des serviteurs qui doivent obéir aux ordres.

Les gouvernements locaux ont la lourde responsabilité de répondre directement aux défis de la maîtrise de la propagation du coronavirus, de fournir des filets de sécurité à ses communautés locales et d’assurer l’accès aux soins médicaux pour les personnes infectées. Lorsque la plupart des pays sont en lock-out, les gouvernements locaux et les communautés doivent travailler ensemble pour s’assurer que des réponses appropriées et opportunes sont en place pour répondre aux urgences y compris la nourriture l’eau et l’assainissement.

9. La santé est un droit humain fondamental, nous devons tous y contribuer pour la garantir, mais nous ne devons pas oublier l’ensemble des droits de l’homme. La dignité de chaque être humain ne peut être violée même en cas d’urgence sanitaire. Ici aussi, le risque de violer les principes et les libertés démocratiques peut être élevé. Nous appelons les gouvernements à prendre toutes les décisions pour limiter la liberté des personnes par le biais de processus démocratiques transparents et à limiter rigoureusement la surveillance des données personnelles aux seules informations nécessaires pour lutter contre l’épidémie.

10. L’urgence à laquelle nous sommes confrontés est l’occasion de se rappeler également que des risques élevés sont encourus chaque jour par un nombre énorme de personnes marginalisées. Des millions de personnes souffrent de la faim, de l’Ébola, du paludisme, de la diarrhée et d’autres maladies, de la violence et de la guerre. La solidarité que nous pourrons construire pour faire face à cette pandémie doit être maintenue et renforcée, aujourd’hui et demain, pour faire face à toutes les autres urgences humiliantes, même si elles affectent des personnes sans voix.

11. Nous appelons les gouvernements à renforcer leur engagement à mettre en place des actions rapides, adéquates, efficaces et transparentes pour protéger la vie de tous particulièrement les plus vulnérables. Nous appelons tout le monde à démontrer ces engagements pour renforcer notre capacité à surmonter la crise « à se mettre en debout ensemble » (Stand Together), aujourd’hui et demain pour construire un monde meilleur, sûr et durable, lutter contre les inégalités, œuvrer pour la paix et la justice et capable de reconnaître et de protéger la beauté et dignité de la vie humaine pour tous.